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World Giverny Forum 2026 : la souveraineté alimentaire se construit de la terre à l’assiette

5 septembre 2026

Le 4 septembre 2026, j’ai eu le plaisir d’intervenir lors de la 8e édition du World Giverny Forum, au Musée des impressionnismes. Ce rendez-vous majeur a réuni dirigeants économiques et institutionnels autour d’une conviction partagée : la transition écologique doit être le moteur de notre compétitivité et de notre autonomie stratégique.

Une chaîne de valeur indissociable de la ferme à la table

Les vagues de chaleur et les tensions climatiques de cet été nous ont rappelé une réalité fondamentale : la souveraineté alimentaire dépasse la seule production agricole. Produire davantage en France et en Europe est indispensable, mais cela reste encore loin d’être suffisant. Entre la terre et l’assiette interviennent la transformation, le stockage, la chaîne du froid, le transport et la distribution.

C’est précisément là que les marchés de gros prennent toute leur dimension. Au cœur de cette chaîne. Le Marché de Rungis garantit la continuité de l’approvisionnement et l’acheminement de produits frais vers tous les circuits de consommation, de la restauration collective aux commerces de proximité.

Garantir le juste prix et financer la transition 

Une souveraineté durable repose avant tout sur la viabilité économique du monde agricole. Il est impératif d’assurer une juste rémunération aux producteurs pour pérenniser leurs exploitations et susciter des vocations chez les jeunes générations. Cet enjeu économique doit s’accorder avec une exigence sociale : le « bien-manger » ne doit pas devenir  un privilège.

Face au coût de l’adaptation climatique et énergétique, nous devons répondre collectivement à une question centrale : comment répartir équitablement l’effort financier de la transition ? La charge ne peut reposer sur les seuls agriculteurs, ni sur des consommateurs déjà fragilisés.

Affirmation européenne et réciprocité des normes

La sécurité alimentaire est un pilier de l’indépendance européenne. Pour protéger nos filières face aux distorsions de concurrence, l’Union européenne doit imposer des clauses miroirs strictes, garantissant que les produits importés respectent des standards environnementaux et sanitaires équivalents aux nôtres.

Cette souveraineté s’accompagne également d’un enjeu culturel et éducatif : transmettre aux jeunes générations la valeur du travail agricole, le sens de la saisonnalité et l’importance d’une alimentation saine. 

Des engagements concrets sur le terrain

À Rungis, nous traduisons ces principes en réalisations opérationnelles. Cela se traduit par une lutte systématique contre le gaspillage et une gestion optimisée de la ressource en eau, mais aussi par  l’accompagnement de nos grossistes grâce au déploiement du label “Marché Durable”. Enfin, l’accélération du projet Agoralim illustre notre volonté de consolider durablement les circuits de proximité en Île-de-France. 

Je remercie Romain Mouton et les équipes du Cercle de Giverny pour l’organisation de ces débats de haut niveau, ainsi que le Premier ministre Sébastien Lecornu pour sa présence et son écoute. Pour la France comme pour l’Europe, notre capacité à nourrir nos populations de manière durable reste une condition fondamentale de notre liberté.