Le lancement du label Marché Durable, en septembre 2025, marque une étape décisive pour l’avenir des marchés de gros français. Ce label, que j’ai eu l’honneur de dévoiler au Marché d’Intérêt National de Rungis, n’est pas seulement un cadre de plus : c’est un outil de transformation.
Il structure, valorise et accompagne les pratiques responsables des entreprises de la chaîne alimentaire, avec une ambition claire : faire de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) le moteur du développement économique, social et environnemental de notre secteur.
Un cadre commun pour accélérer la transition
Le 18 septembre 2025, en pleine Semaine européenne du développement durable, le marché de Rungis a accueilli la cérémonie officielle de lancement du Label Marché Durable.
Une vingtaine d’entreprises ont été distinguées dès cette première vague, dont la majorité issues du marché de Rungis. Ensemble, elles représentent la diversité et la richesse de nos filières : fruits et légumes, produits carnés, produits laitiers, produits de la mer, gastronomie, horticulture, équipements et services.
Par ce label, nous avons voulu créer un cadre commun, fondé sur la réalité des métiers et des défis rencontrés sur les marchés de gros. Dans un contexte de forte concurrence et d’évolution réglementaire, la RSE n’est plus un bonus : elle devient un critère de compétitivité et de crédibilité.
Un label conçu pour et par les marchés de gros
C’est dans un esprit de co-construction que ce label a vu le jour, en partenariat avec la Fédération des marchés de gros de France, Afnor Certification et les grossistes eux‑mêmes. L’objectif : créer un outil adapté à nos spécificités, loin des modèles standardisés souvent déconnectés du terrain. Inspiré des principes de la norme ISO 26000, le référentiel du Label Marché Durable traduit ces valeurs en critères concrets, mesurables et progressifs. J’en suis convaincu : la RSE est une source de performance, un levier de confiance et de fidélisation, et non une contrainte administrative. Ce label incarne cette approche pragmatique, réaliste et ambitieuse !
Trois piliers pour agir : gouvernance, social, environnement
Le référentiel repose sur trois grands axes complémentaires :
- La gouvernance, avec des critères sur l’éthique commerciale, la transparence décisionnelle et le dialogue avec les parties prenantes.
- Le social qui évalue les conditions de travail, la sécurité, les politiques de rémunération et la qualité des relations avec les producteurs.
- L’environnement, enfin, avec des engagements relatifs à la réduction du gaspillage, à la gestion durable des ressources, à la transition énergétique et à l’adaptation climatique.
Ce socle structurant fait du label un instrument de pilotage, permettant à chaque entreprise de mesurer ses progrès et d’élever ses standards au fil des ans.
Une dynamique nationale au service d’une alimentation durable
L’un des atouts majeurs du Label Marché Durable est son accessibilité. Il repose sur un autodiagnostic RSE, suivi d’un audit indépendant débouchant sur des recommandations concrètes et un niveau de reconnaissance progressif selon la maturité de l’entreprise. Ce modèle favorise la montée en compétence collective et crée une dynamique de progrès continue.
Dès son lancement, quatre entreprises du marché de Lyon-Corbas ont rejoint la démarche. Beaucoup d’autres suivront, j’en suis certain. Car la logique du Label Marché Durable, c’est celle d’un mouvement national : unir les marchés de gros autour d’une exigence commune et faire d’eux les moteurs d’une alimentation plus durable, locale et solidaire.
Avec ce label, nous posons les bases d’une nouvelle culture économique, fondée sur la responsabilité et la transparence.
C’est une avancée majeure pour notre réseau, pour Rungis et pour l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire : faire la preuve, par l’action, que durabilité et performance peuvent aller de pair.
