Chaque année, à l’approche de décembre, le Marché international de Rungis se transforme en un véritable théâtre du goût. Sous les toits des pavillons, entre marée, volailles et primeurs, l’effervescence de Noël gagne les allées : celle des artisans, des grossistes et des chefs venus préparer les repas des fêtes pour des millions de Français.
En suivant la visite presse de Noël 2025, j’ai retrouvé cette atmosphère unique où excellence et tradition se conjuguent, prêtes à célébrer le plaisir du partage autour de produits d’exception… sans jamais perdre de vue le pouvoir d’achat des familles.
Une tradition française au service du partage
Noël à Rungis, c’est tout sauf une routine : c’est le temps fort de l’année pour l’ensemble des professionnels du marché, qui y réalisent près d’un quart de leur chiffre d’affaires annuel. La qualité, plus que jamais, reste leur boussole commune. À travers les pavillons, on mesure l’engagement d’hommes et de femmes qui, à l’aube, font vivre la chaîne du frais et du goût.
J’ai pu assister à de belles démonstrations culinaires menées par Arnaud Vanhamme, Meilleur Ouvrier de France, Véronique Langlais et Atef Barbouche, trois passionnés aux parcours différents, unis par la même exigence : rendre la cuisine accessible et joyeuse. Leurs gestes précis, leurs conseils simples et leur pédagogie rappellent une vérité essentielle : la cuisine est d’abord une histoire de gestes transmis et d’amour partagé.
Chez des maisons emblématiques comme Reynaud, la traçabilité demeure une priorité absolue. Qu’il s’agisse des huîtres Perle Blanche ou des gambas bio de Madagascar, tout atteste de cette transparence rigoureuse qui fonde la confiance entre producteurs, grossistes et consommateurs.
Ces échanges, mêlant respect du produit et reconnaissance du travail agricole, prolongeaient la philosophie même de Rungis : placer l’humain au cœur de la chaîne alimentaire.
Des tendances entre tradition et renouveau
Si les incontournables – huîtres, foie gras, volailles festives – restaient les piliers du réveillon, cette édition de la fête des saveurs a aussi révélé des évolutions marquantes. Les prix, tout d’abord, affichaient une stabilité rassurante : le foie gras retrouvait un niveau normal après la crise aviaire, tandis que les huîtres et les volailles confirmaient une offre diversifiée et abordable.
Parmi les nouvelles tendances, le gibier se fait lentement une place en tant qu’alternative élégante à la dinde ou au chapon. Le label “Gibiers de France”, désormais bien identifié, aide à structurer une filière encore trop dépendante de produits importés. C’est un signe encourageant : le terroir français retrouve son élan, même dans des filières de niche.
Autre élément favorable : le calendrier de l’année 2025 offrait une configuration idéale,avec deux longs week-ends permettant aux Français de prendre le temps de cuisiner, recevoir et savourer.. Un moment de respiration avant les fêtes, propice à la redécouverte des produits frais de saison et à la préparation de repas maison.
Rungis, miroir vivant de la France gourmande
Cette visite s’est conclue dans la convivialité autour d’une dégustation symbolique, fidèle à l’esprit des marchés et aux mots que Paul Bocuse aimait répéter : “Le partage reste la boussole des fêtes de fin d’année.”
Rungis, une fois encore, en a donné la preuve : au‑delà des chiffres et des volumes, la richesse du marché réside dans ses valeurs – la transmission, la confiance et le plaisir de bien nourrir les autres. Les fêtes de fin d’année sont l’un des rares moments où toute la filière parle le même langage : celui du goût et du cœur.
Rendez‑vous est déjà pris pour l’édition 2026, avec la même promesse : célébrer la générosité à la française et la noblesse des produits de nos terroirs.
