Chaque année, la Semaine du Goût nous rappelle une vérité essentielle : bien manger s’apprend dès l’enfance, en découvrant simplement le goût des vrais produits. En 2025, plus de 2 500 animations ont été menées par des chefs, artisans et producteurs à travers toute la France. Ces expériences, souvent vécues comme des moments de fête, laissent une empreinte durable dans la mémoire des enfants. Mais pour que ces instants d’éveil ne restent pas exceptionnels, il faut désormais mobiliser toute la chaîne alimentaire, et en particulier les Marchés d’Intérêt National (MIN), afin que nos cantines puissent, chaque jour, servir des repas à la hauteur de cette exigence : frais, variés et porteurs de sens.
L’éducation alimentaire : une urgence de santé publique et de souveraineté
La France, berceau historique de la gastronomie, traverse un paradoxe préoccupant : les enfants s’éloignent du goût, happés par la facilité des produits ultra-transformés. Ce glissement affecte la santé publique, mais aussi l’équilibre de notre modèle alimentaire . Car l’alimentation n’est pas qu’un besoin : c’est un acte culturel, social et politique.
Je suis convaincu que l’éducation au goût n’est pas un luxe, c’est un droit.
Apprendre aux jeunes à bien manger, c’est préserver sa santé, mais aussi protéger notre souveraineté alimentaire français. C’est comprendre d’où vient ce que nous consommons, valoriser les savoir-faire et respecter la terre. La Semaine du Goût 2025, organisée du 13 au 19 octobre, l’a rappelé avec force : ces apprentissages doivent devenir un réflexe collectif, au-delà de la seule semaine symbolique.
Éduquer le palais, c’est éduquer l’esprit
Éduquer au goût, former le jugement et cultiver la curiosité. En découvrant la vraie saveur authentiques et en découvrant la vraie saveur des aliments et leur origine, les enfants apprennent à distinguer le vrai du faux, le bon du banal, le travail artisanal de la progression de masse. Chaque repas devient alors un moment d’apprentissage : à la cantine, dans les fermes, sur les marchés ou dans les restaurants, on peut parler de saisonnalité, de variétés, de circuits courts et de respect des ressources. Notre pays dispose d’un patrimoine alimentaire exceptionnel, encore trop sous-enseigné
L’école et les cantines, le coeur battant de la transmission
L’école reste le premier lieu d’éducation au goût, plus influent que n’importe quel message publicitaire. Le repas scolaire est une opportunité unique : il peut être à la fois pédagogique et exemplaire, à condition de s’appuyer sur des produits locaux et de qualité comme le prévoit la loi Egalim. La Semaine du Goût 2025, parrainée par la cheffe Tabata Mey, en a donné une magnifique démonstration : 2 500 Leçons du Goût, des ateliers sensoriels, des menus thématique, des rencontres avec des producteurs et des artisans passionnés. Autant d’initiatives qui ont permis à des milliers d’élèves de redécouvrir la richesse de nos terroirs et la valeur du travail bien fait. Ce sont ces pratiques qu’il nous faut désormais pérenniser tout au long de l’année, pour que l’éducation alimentaire devienne une continuité, non un événement.
Les MIN : maillon essentiel de la transmission alimentaire
Au-delà de l’école, toute la chaîne alimentaire doit se mobiliser : producteurs, grossistes, restaurateurs, distributeurs. Les Marchés d’Intérêt National, et en premier lieu Rungis est la figure emblématique, disposent d’un potentiel considérable pour ancrer l’éducation alimentaire dans la réalité économique du pays. Là où convergent les meilleurs produits frais, issus des circuits courts et des filières tracées, les MIN peuvent devenir des relais stratégiques pour l’approvisionnement public, notamment pour les cantines scolaires. Il faut mettre fin à cette incohérence qui consiste à enseigner le goût à l’école tout en servant des repas sans goût dans les assiettes. Valoriser les MIN comme partenaires éducatifs des territoires, c’est offrir aux enfants non seulement une alimentation saine et durable, mais aussi des repères culturels et sensoriels solides.
Redonner aux enfants le goût de comprendre
Chaque sourire d’enfant découvrant la saveur d’une tomate mûre ou d’un fromage fermier rappelle la puissance de cette éducation du goût. C’est là que tout commence : dans la rencontre entre le produit, le geste et la transmission.
En mobilisant les MIN et l’ensemble dela chaîne alimentaire, nous pouvons faire plus que transmettre un savoir : nous transmettons une fierté. La fierté d’un pays qui croit encore que bien manger, c’est d’abord respecter ce que la terre lui offre et ceux qui la cultivent.
