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Giverny de l’Alimentation : dessiner ensemble le futur de nos assiettes

10 octobre 2025

Le 8 octobre 2025,à la Maison de la Chimie, à Paris, s’est tenue une nouvelle édition du Giverny de l’Alimentation, organisée par le Cercle de Giverny. Ce rendez-vous, devenu incontournable, réunit dirigeants publics, responsables d’entreprises, chercheurs et acteurs de la chaîne alimentaire autour d’un objectif commun : penser la transformation de nos systèmes alimentaires face à l’urgence écologique et sociale.

J’y ai retrouvé cette énergie collective qui résume bien notre époque : entre lucidité sur les défis et volonté d’agir.

Un laboratoire d’idées pour une souveraineté concrète

À mon arrivée, j’ai été frappé par la diversité des profils réunis — élus, entrepreneurs, représentants agricoles, acteurs de la distribution, associations.  Tous partagaient une conviction : l’alimentation durable ne doit pas rester un luxe, mais devenir une norme accessible à tous.

C’est une ambition que je partage profondément. À l’image de ce que nous bâtissons à la SEMMARIS, avec nos projets d’ancrage territorial comme Agoralim à Goussainville, Giverny réaffirme que c’est au plus près des territoires que se joue la transition. 

Le cœur du sujet est là : il faut structurer des filières locales solides, capables d’irriguer les régions, de garantir une rémunération juste des producteurs et de sécuriser l’approvisionnement des grandes zones urbaines.

Innover pour nourrir sans épuiser

Les échanges ont clairement montré que l’innovation technologique est une clé de cette mutation. De la gestion de l’eau à la traçabilité numérique, les nouvelles technologies ouvrent des pistes concrètes : mieux produire, avec moins d’impact, sans compromettre la rentabilité de ceux qui travaillent la terre.

Le Giverny de l’Alimentation a aussi rappelé l’importance de la collaboration dans la chaîne du frais. Le modèle que nous appliquons à Rungis — réduction du gaspillage, mutualisation logistique, valorisation des invendus via les associations — illustre parfaitement cette logique vertueuse. Chaque étape compte : mieux transporter, mieux redistribuer, mieux consommer.

Financer et transmettre : les deux piliers de l’avenir

Mais parler de transition ne suffit pas. La vraie question est celle du financement. Qui assumera le coût de cette évolution inévitable ?

Les débats à Giverny ont mis en lumière des pistes : aides ciblées, innovation financière et partenariats public‑privé, afin que la transition agricole ne se fasse pas au détriment des producteurs ni des consommateurs. Il faut permettre à chaque acteur, qu’il soit exploitant, grossiste ou restaurateur, de vivre dignement de son travail, sans sacrifier la qualité ni la proximité.

Ce message résonne avec ce que nous défendons à Rungis Immobilier : soutenir les artisans et les métiers de bouche, garants de la vitalité des centres‑villes et de la diversité des terroirs. Ces femmes et ces hommes incarnent le visage concret de notre modèle alimentaire ; sans eux, il n’y a ni transmission, ni identité culinaire.

Former et relier : un enjeu générationnel

Enfin, l’un des messages les plus forts de cette édition fut celui de la transmission. Nourrir les enfants ne suffit plus : il faut leur apprendre d’où vient ce qu’ils mangent et les rendre acteurs de leur propre alimentation. L’éducation au goût, à la saisonnalité, à la responsabilité alimentaire est un passage obligé si nous voulons qu’une nouvelle génération prenne le relais de cette transition.

Le Giverny de l’Alimentation 2025 aura prouvé une chose : l’avenir de nos assiettes dépend de la coopération entre tous — agriculteurs, entrepreneurs, pouvoirs publics et citoyens.

En conjuguant innovation, proximité et transmission, nous dessinons les contours d’un modèle français durable, équilibré et humain. C’est cette France du goût, de la justice alimentaire et de la responsabilité que nous bâtissons, jour après jour, depuis Rungis.